Le Château du joueur de flûte

Je vous emmène aujourd’hui découvrir le château du joueur de flûte, ma dernière sortie urbex de 2020. Et comme premier article de 2021, l’année commence bien puisque c’est en fait deux explorations en une ! En effet, en plus du château abandonné, dans les dépendances se trouve une superbe collection de vieilles voitures. J’ai d’ailleurs longuement hésité avant de baptiser ce château du joueur de flûte ; château du vieux pilote aurait été pas mal non plus (en plus du clin d’œil au château du pilote en culotte courte, une autre exploration que j’ai adorée). Finalement, c’est la statue surplombant l’escalier  qui donne son nom à l’article.

 

Nous partons en exploration par un (très) froid matin de décembre. Pas l’idéal pour l’urbex mais en cette année spéciale, on sort quand on peut. Après avoir traversé quelques champs et clôtures, nous jetons un œil dans les dépendances pour s’extasier devant les vieilles voitures.  Puis nous décidons de commencer la visite par le corps de logis.

Nous voici devant le château du joueur de flûte.

Le Château du joueur de flûte

C’est un château de campagne du XVIIIème siècle, pas très impressionnant de l’extérieur. Enfin, je ne suis pas très sensible à ce type d’architecture que je qualifierais d’efficace : c’est un rectangle massif avec peu de fioritures. Ni tours, ni tourelles, ni sculptures, … Bref, efficace.

Néanmoins cette bâtisse est classée aux monuments historiques. C’est la preuve qu’elle doit avoir un intérêt architectural, et que je ne suis qu’un profane. Arrêtons là les digressions sur l’extérieur du bâtiment, d’autant plus que je ne vous le montrerai pas (question de protection du lieu, voir ma conception de l’urbex). Alors j’arrête de parler tout seul.

Nous entrons directement dans le hall principal et son escalier majestueux. Vous remarquerez que la passion du châtelain est envahissante, puisqu’on trouve un châssis de voiture même dans cette pièce !

 

Ce château laisse une impression mitigée. On y trouve encore des éléments d’époque : cheminées, boiseries et quelques papiers peints dans leur jus. Manifestement plus personne n’habite le château depuis longtemps puisqu’à part une vieille cuisine, plus aucune pièce n’est fonctionnelle. En fait il y a 3 types de pièces : certaines sont dans leur jus mais vides. D’autres sont également dans leur jus mais remplies d’objets plus ou moins vieux, en mode « débarras », comme si on avait tout regroupé dans ces pièces pour vider les autres. Enfin les derniers espaces sont saccagés par une rénovation désastreuse à coups de placoplâtre et de faux plafonds. Voici un aperçu, mais uniquement de ce qui m’a paru digne d’être photographié.

Histoire du château du joueur de flûte

Depuis sa construction au XVIIIème siècle, le château du joueur de flûte est passé entre les mains de plusieurs familles nobles. Ce sont des noms qui n’évoquent rien à ma petite culture historique. Disons des nobles de base dont on trouve quelques traces dans l’histoire régionale mais rien de bien exceptionnel. Donc rien de bien exceptionnel non plus dans l’histoire du château.

Je perds la trace du domaine au cours du XIXème siècle. Et je la retrouve dans l’après-guerre. Il sert alors comme centre de colonies de vacances pour une municipalité française. Puis plus rien. Alors je ne sais pas comment sont arrivées ces voitures. Je présume que le dernier propriétaire a une passion…

Le château du vieux pilote

Pour ma part je ne suis pas un grand passionné de voitures, mais plutôt d’histoire, de vieilleries et de tout ce que je trouve photogénique en général. La collection de véhicules présente dans les dépendances correspond à cela. Je prends plaisir à les prendre en photo même si elles sont engoncées dans des petits garages exigus. En effet il est impossible d’en faire le tour et on a très peu de recul.

J’ai rarement vu des voitures aussi vieilles – elles semblent dater de la première moitié du XXème siècle. Je ne m’avance pas trop, mais je sais que parmi vous certains les identifieront facilement, alors n’hésitez pas à partager ce que vous savez en commentaire (mise à jour : merci à Arthur pour sa précieuse expertise dans le commentaire en bas de l’article).

 

Mes acolytes et moi faisons chacun notre petit tour des voitures. Vu leur âge, je ne sais pas trop dire si elles sont bien ou mal conservées : elles semblent « entières » avec tous les éléments d’origine, mais impossible qu’elles roulent juste en allumant le contact. D’ailleurs nous ne parvenons pas à ouvrir les portières, bloquées par la poussière et la rouille. Nous n’insistons pas, de peur qu’elles nous restent dans les mains.

Puis nous repartons à travers champs, transis de froid mais heureux de ces superbes découvertes.

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2 Comments

  1. Arthur 25 janvier 2021 at 9 h 35 min #

    Salut Olivier,

    Superbe exploration qui met des étoiles dans les yeux, comme d’habitude.
    Je suis assez d’accord avec toi concernant l’architecture des châteaux du XVIIIème siècle. J’appelle souvent ça le « style caserne », parce que ça peut avoir un air de famille avec les casernes militaires du XVIII-XIXème.
    Même si il y a de véritables bijoux architecturaux de cette époque.

    Concernant les autos abandonnées. Bah sans surprise, c’est une fois de plus, un vrai petit trésor.

    Déjà parce qu’il y a deux Citroën des années 1920 (les deux posées sur cales), pas des modèles rares, mais trouver des autos abandonnées de cette époque devient vraiment exceptionnel, surtout en si bel état.

    A côté d’elles, c’est une jolie Renault 4CV datant, je pense, du début des années 1950. Et pour le coup, c’est un modèle peu courant puisque découvrable. Adorable petite populaire.

    La dernière photo est une Peugeot 201 coupé qui semble en bien piteux état.
    J’ai pas réussi à identifier le châssis abandonné dans le vestibule, mais vu les pneus et la taille des roues, il date des années 20-30.

    Mais la plus intéressante est la Citroën Traction 11 (avant-dernière photo de voiture). Déjà car c’est une des premières générations des années 1930 (reconnaissable aux petites grilles rondes sur les ailes avant), mais surtout, c’est un modèle extrêmement rare et prisé des collectionneurs car, vu le haut du pare-brise, c’est un cabriolet. Et ça, c’est une trouvaille simplement exceptionnelle, une sorte de Saint Graal.
    J’espère qu’elle restera à l’abris des regards encore longtemps, ça lui donne tellement plus de charme, à mon sens, que restaurée à neuf et exposée sur des salons.

    Encore merci pour cet article qui régale aussi bien les yeux que l’imagination.
    Bonne explorations futures!

    • Olivier 25 janvier 2021 at 13 h 20 min #

      Merci beaucoup Arthur,
      Je voulais justement voir si tu suivais 😉 Savoir tout ça donne encore plus de saveur à la découverte, merci !

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