Je bavais devant les photos de Samuele Silva de la villa kristal depuis quelque temps. J’avais du mal à croire que cette splendide villa était abandonnée, tant elle semblait fastueuse et en bon état. Je suis donc allé vérifier par moi-même.
La villa du boulomane
Le constat est rapide : la villa est clairement abandonnée. Les fenêtres sont béantes, les volets tombent, les peintures s’effritent et tout ce qui a de la valeur a disparu. L’emblématique lustre qui lui a donné son nom a disparu. Exit la villa kristal, bienvenue la villa du boulomane ! C’est moins classe, j’en conviens. Mais cela correspond plus à ce que j’ai découvert. Un graffiti par-ci, un plancher d’époque arraché par-là, on a commencé à dépecer la villa. Et si on ne fait rien rapidement elle va tomber en ruine. Elle est en vente, espérons qu’elle trouve acheteur !
La minute culture
Au vu des trophées restant dans la villa – qui semblent avoir moins de valeur que le lustre – un des derniers propriétaires était un joueur émérite de pétanque. Car ces trophées ont été durement gagnés lors de tournois de boules dans les années 80.
Voilà le pourquoi du nom de la villa. D’ailleurs, curiosité notable relevée pendant mes recherches : on peut dire boulomane, bouliste ou pétanqueur. Vous préférez quoi ? Le dernier – pétanqueur – semble être spécifique à la pétanque, la vraie, celle du Sud de la France. Ici en Italie il nous reste boulomane ou bouliste.
C’est fascinant.
OK j’arrête.
Un (tout petit) peu d’histoire
La courte histoire de cette villa est relativement documentée. Mais un peu barbante. En résumé elle date des années 1850. Elle est ensuite passée de famille noble en famille noble au fil des alliances et des reventes. Seul fait marquant : son réquisitionnement par le haut commandement militaire allemand à la fin de la seconde guerre mondiale.
Après la guerre, la dernière propriétaire vit à la ville mais elle vient chaque semaine à la villa pour y ramasser des fleurs et des légumes. Pas mal comme cabane de jardin ! Un jardinier vit alors à l’année dans les dépendances. Le reste du personnel fait la navette depuis la ville avec la propriétaire.
Je ne sais pas quand elle a cessé de venir à la villa.
La visite
Dans l’ensemble, la villa est faite pour en mettre plein la vue. Une fois gravi son escalier « monumental en pierre à double volée » (pas pompeux du tout), on pénètre dans un hall surchargé de décors du sol au plafond (plafond tout aussi monumental, perché à 6 mètres de hauteur). Parfait pour organiser un petit bal.
Une fois passé ce hall, le reste est à dimension plus humaine, avec un étage en mezzanine. Comprenez que le hall central fait l’équivalent de 2 étages, donc on a pu caser un petit étage pour les domestiques autour de ce hall, au-dessus des pièces « simples » du rez-de-chaussée. Ajoutez encore 2 étages (l’un de salons / bureaux / bibliothèque, l’autre de chambres) et une tour panoramique et vous avez fait le tour du propriétaire. Allez, go.