Le Château du crocodile

J’adore ce genre de matinée. Ca ne vous fera surement pas rêver, mais laissez moi le temps d’arriver à destination. Pour commencer, je me lève avec le soleil dans une chambre d’hôtel premier prix. Je ne suis pas là pour profiter de la literie, j’ai choisi cet hôtel uniquement pour son emplacement, à proximité du château du crocodile.

 

Je sais à quoi m’attendre car je suis déjà passé dans le coin pour « repérer » le château du crocodile. Mais ce n’était pas le moment de le visiter, j’avais renoncé. C’est le genre de château clairement délaissé, cela se voit depuis la grille de la propriété. Mais c’est aussi le genre de château avec du passage : le terrain est entretenu, les chemins bien tracés et les panneaux « Propriété privée » ont encore leur couleur rouge vif, preuve qu’ils ne sont pas là depuis très longtemps. Lors de ce premier passage je m’étais arrêté là, n’osant pas m’aventurer dans le parc du château du crocodile.

Par un beau matin d’automne

Reprenons. Fraîchement levé, je fais rapidement les quelques kilomètres qui me séparent du château du crocodile. Je gare ma voiture loin du château, question de discrétion mais aussi car le parc du château est immense.

Il fait beau, la balade est agréable. J’entends des tirs de fusils de chasse au loin, trop loin pour m’inquiéter. La veille j’ai du enfiler un gilet jaune par précaution pour le même genre d’exploration, un  autre château isolé dans une forêt. Aujourd’hui j’ai ce gilet dans mon sac à dos mais il y restera, je n’en aurai pas besoin.

Le parc du château est vraiment gigantesque. Je passe d’abord à côté d’un camp de bûcherons – ils ne travaillent pas le dimanche. Ensuite je découvre quelques épaves dans la forêt, comme cette superbe caravane des années 80. Mais aussi d’autres véhicules variés…

 

Après les bois, je débouche dans une prairie. J’aperçois le château. Il y a quelques voitures devant – de loin elles n’ont pas l’air toutes jeunes mais pas toutes vieilles non plus… En somme des voitures des années 90, qui pourraient encore rouler. A cette distance, impossible de dire depuis combien de temps elles n’ont pas bougé. Je continue mon approche.

Au détour de l’étang, un tracteur me surprend. Il est à l’arrêt, mais lui a bougé récemment. C’est surement la trêve dominicale, il attend le lendemain pour reprendre ses travaux.

Le Château du crocodile

J’arrive enfin au château. Les voitures sont bien des épaves : à l’une il manque une roue, à l’autre une vitre, et les herbes folles qui les entourent prouvent qu’elles n’ont pas bougé depuis un bail.

Pour entrer dans le château, c’est simple, plusieurs portes sont béantes. Enfin, pour être exact, plusieurs portes ne sont plus retenues par grand chose. Me voilà à l’intérieur.

Ce château m’impressionne : c’est un des plus grands et des plus luxueux que j’ai visité. Mais ça c’était avant : aujourd’hui c’est surtout l’un des plus dangereux. Ici le côté de l’urbex « témoigner du passé avant qu’il ne disparaisse à tout jamais » prend tout son sens.

En réalité je ne visite qu’une petite partie du château. La toiture est un vrai gruyère. A force de laisser passer les intempéries, les planchers s’effondrent un par un, entraînant les murs à leur suite. En effet, aucune pièce n’est épargnée, le château est extrêmement dangereux.

L’escalier principal tient le coup, il m’amène au premier étage. Seule la moitié de l’étage est accessible, car l’autre partie est un tas de gravats. Et encore, en faisant attention à chaque pas ! C’est ici que je sors mon matériel photo, en extase devant ce lit rescapé.

Le Plancher des vaches

Le petit escalier de service sur une des photos est le seul moyen restant pour accéder au deuxième étage. Il me nargue, je tente l’ascension… Mais les dernières marches sont à moitié pourries ! A contrecoeur, je déclare forfait et me rabats sur le rez de chaussée.

Plus en confiance sur le plancher des vaches, je fais moins attention et me fais une énorme frayeur lorsqu’une planche cède sous mon pied… Je suis arrêté par une poutre, 30 centimètres plus bas. Ouf ! L’espace d’un instant, je m’imagine coincé dans la cave du château avec une jambe cassée… J’ai eu de la chance cette fois-ci, mais cela nous fait une piqûre de rappel sur la dangerosité de l’urbex.

Bref. Cet étage est assez surprenant : comme on pourrait s’y attendre, on trouve une bonne dizaine de pièces chacune de la taille de mon appartement. Sauf qu’au lieu d’être meublées en salons de réceptions, c’est un gigantesque atelier d’artisan ! Dans l’un on trouve un stock de sacs de ciment, dans un autre des machines à bois. C’est assez incongru. Par conséquent je fais peu de photos à cet étage, l’ameublement gâche un peu le décor.

Les dépendances du château du crocodile

Me voilà dehors. Je vais voir les dépendances. Elles étaient immenses, mais la visite est rapide car elles sont aujourd’hui en pire état que le château. Ou dit autrement : effondrées dans la quasi totalité. Mais c’est l’occasion de saluer le maître des lieux avant de partir.

 

Une petite bise et je repars.

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2 Comments

  1. Florian 9 novembre 2019 at 12 h 24 min #

    Sympa l’article 👏

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