C’est mon énième road-trip urbex italien, la nuit approche. Je trouve un hôtel dans le coin. Heureux hasard (un peu provoqué, mais une touche de romance ne fait pas de mal), l’hôtel se trouve à quelques centaines de mètres du pensionnat salésien. On ne voit que lui de toute la petite bourgade qu’il domine depuis son éperon rocheux. Je ne sais pas grand chose de cet ancien internat. Sauf qu’il est visible à des kilomètres et son état de dégradation avancé m’attire. Je décide de profiter des derniers rayons du soleil pour aller y faire un tour en reconnaissance. S’il vaut la peine de sortir l’appareil photo alors j’y repasserai le lendemain matin.

En moins de 10 minutes, c’est évident : la poussière, les murs défraichis, les planchers qui s’effondrent et les traces du passé nécessitent de revenir le lendemain pour prendre le temps d’arpenter ses couloirs. Car le pensionnat salésien sent bon la bonne surprise du road-trip : le spot que je n’attendais pas et qui promet de belles ambiances figées dans le temps.

 

Au réveil

Quelques heures plus tard, le temps de recharger les batteries de l’appareil photo et du bonhomme, me voila de retour au pensionnat salésien. Il est en très mauvais état : toit et étages éventrés en plusieurs endroits, sols pas surs du tout, murs qui s’effritent voire s’effondrent. Par conséquent, j’avance très prudemment et je n’ose pas m’aventurer partout.

L’ensemble est presque vide. Mais reste ça et là juste assez de mobilier pour comprendre la vocation de chaque pièce et faire de beaux clichés.

 

Le pensionnat salésien

Le pensionnat salésien est un immense paquebot – plusieurs bâtiments accolés bout à bout. Construit au XIXème siècle, c’est un internat destiné aux enfants défavorisés. Forcément à cette époque un internat ne peut être que religieux. Alors en plus de l’école à proprement parler et des dortoirs, on trouve une église, un confessionnal, une sorte de cloitre couvert et tout pour la vie de la communauté religieuse.

Abandonné en 1997, le complexe a vu avorter plusieurs projets de rénovation. Puis récemment, on a rénové une partie du complexe pour en faire une maison de retraite. Le bâtiment qui abritait l’école est donc tout rénové, mélangeant habilement le bâti historique à des ajouts modernes.

Le contraste est saisissant entre la maison de retraite et la partie délaissée du pensionnat, toujours en attente d’un projet. Je me plais à imaginer que certains pensionnaires ont pu commencer leur vie et la terminer dans ces mêmes murs.

Comme vous vous doutez, je me dirige directement vers le bâtiment qui tombe en ruine. Je ne visiterai pas la maison de repos flambant neuve.

 

Don Bosco et les salésiens

Voici la minute culturelle. Et l’explication du terme « salésien ».

Don Bosco, ou Saint Jean Bosco, est un prêtre italien du XIXème siècle. Il a consacré toute sa vie à l’éducation des jeunes défavorisés. D’abord seul, dans les quartiers défavorisés de Turin. Puis au fur et à mesure de la reconnaissance de son action, il s’entoure de prêtres éducateurs et fonde la Société de saint François de Sales, aussi appelée congrégation des salésiens. Il bâtit ensuite plusieurs maisons d’accueil pour étudiants ou jeunes ouvriers. Ses résultats et son rayonnement croissant toujours, de nombreux instituts seront créés dans toute l’Europe. Encore aujourd’hui plusieurs établissements perpétuent les préceptes de Don Bosco.

Le saint homme est béatifié en 1934. C’est le patron des éditeurs, des apprentis et des prestidigitateurs (cette dernière congrégation me plait bien, elle a failli ravir le nom de l’article : « pensionnat du prestidigitateur », c’est classe, non ?).

Si la passion des salésiens vous prend, je vous conseille la page wikipedia consacrée à Don Bosco.

Assez parlé, maintenant laissons la place aux photos.

 

Cet article a 4 commentaires

  1. Bonjour Olivier.

    Encore un endroit magnifique qui me conforte dans mon choix.
    L’Italie sera ma prochaine destination pour un road trip URBEX.
    Merci pour ces belles photos qui me plongent chaque fois dans cet univers que j’affectionne au plus haut point.

    1. Merci à toi Théo !
      Ah l’Italie, le paradis de l’urbex !

  2. Salut Olivier.
    J’ai remarqué plusieurs portraits peint sur les murs de la cour intérieure.
    Je suppose qu’il s’agissait de personnalités importantes au sein de ce pensionnat ?

    1. Bonsoir Théo,
      J’ai fait la même supposition mais n’ai pas poussé plus loin les recherches. Peut-être Don Bosco et ses acolytes…

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